L’EICnam change de logo : décryptage

L’école d’ingénieur·e·s du Cnam donne des elles à l’industrie française

L’école d’ingénieur·e·s du Cnam donne des elles à l’industrie française !

4 mai 2017

En changeant son logo, l’école d’ingénieur·e·s du Cnam marque sa volonté de contribuer à l’élimination de clichés défavorables aux principes d’égalité et de diversité, et ainsi privilégier la diversité des talents au sein de ses formations et donc des entreprises.

Plus de 220 ans après sa création, le Cnam est toujours un acteur majeur de la promotion sociale en France. L’origine sociale de ses élèves ingénieur·e·s est en effet nettement plus variée que celle de l’ensemble des ingénieur·e·s. L’établissement n’accueille cependant que 14,5% de jeunes femmes dans ses formations d’ingénieur·e· contre 28,4% dans la plupart des autres écoles.

Les jeunes femmes ignorent encore trop souvent les filières d’ingénieur·e par méconnaissance ou habitude sociétale. En outre, les modalités particulières que propose le Cnam (cours du soir, apprentissage) peuvent tendre à exclure de ses parcours de formation des jeunes femmes toujours conditionnées par des modèles sociaux et familiaux traditionnels.

S’il existe plusieurs voies de transformation et de progrès, toutes doivent s’appuyer sur la lutte contre les représentations erronées du métier d’ingénieur·e. Elles renforcent en effet les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes, enferment les citoyen·ne·s dans un répertoire restreint de rôles et de situations et limitent de fait leurs possibilités d’être et d’agir.

Nombre de ces stéréotypes de sexe étant reproduits dans la communication, parfois de manière inconsciente, l’école d’ingénieur·e·s du Cnam a décidé d’inclure le féminin dans sa communication en commençant par transformer son logo.

Favoriser l’ouverture sociale et la féminisation des formations d’ingénieur·e

La Conférence des directeurs des écoles d’ingénieurs de France (La Cdefi) demande que des initiatives soient prises et des efforts soient faits en ce sens. Cette dernière interpellait le 27 février 2017 les candidats à l’élection présidentielle sur la nécessité de former davantage d’ingénieur·e·s pour répondre aux défis que vont engendrer les mutations économiques, sociales et environnementales à venir.

Les besoins ont été sous-estimés dans le numérique et les sciences de la vie. Et pour régler des problèmes complexes liés à la croissance de l’automatisation, il y aura besoin d’architectes de systèmes, de bio-informaticien·ne·s et de roboticien·ne·s. Ce sont 50 000 élèves que les 200 écoles d’ingénieur·e françaises devraient diplômer dans cinq ans au lieu de 35 000 aujourd’hui.

Des élèves qui devront être parfaitement formé·e·s aux thématiques scientifiques complexes mais également averti·e·s sur les questions de développement durable - nourrir et soigner les populations de la planète, assurer l’accès à l’eau potable, bâtir des villes durables - etc. Des élèves qui seront par la suite des professionnel·le·s expert·e·s tout autant que des citoyen·ne·s éclairé·e·s, animé·e·s par leurs passions et libres de leurs choix de vie. Une population d’ingénieur·e·s à l’image de la population du pays, mixte et diverse !