Une ingénieure aéronautique et spatiale en phase avec ses rêves

Zélia Basset pilote son parcours étudiant d’une main experte. À 22 ans, fraîchement émoulue de l’EICnam, l’école d’ingénieur·e·s du Cnam, elle possède le titre d’ingénieure aéronautique et spatiale, après un apprentissage fructueux chez Airbus Helicopters.

Zélia Basset

Depuis ses 7 ans, Zélia Basset vit avec la passion de l’aviation chevillée au corps. « À cet âge-là, j’ai pris l’avion pour la première fois et je me suis dit en voyant le cockpit : je veux que ce soit mon bureau plus tard ! » Pour assouvir son rêve, elle saute sur toutes les occasions pour s’immiscer dans cet univers. Au collège, elle effectue un premier stage d’observation des métiers de l’aéroport à Lille, puis un stage ouvrier en 2013 en tant qu’agent de piste. Etre pilote de ligne ? Elle n’a pas les moyens de payer des cours de pilotage, alors elle opte pour une école d’ingénieur. En 2014, elle entre à l’EICnam, l’école d’ingénieur·e·s du Cnam, spécialité Aéronautique et spatial, en convention avec Isae-Supaéro (l’Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace). Une formation en alternance lui permettant de tester sur le terrain le métier d’ingénieure, qui définitivement emporte son adhésion face à celui de pilote. « En tant qu’ingénieure, je pense rencontrer plus de challenges, me frotter à plus d’innovations », argumente-t-elle.

Les pales d’hélicoptères sous toutes leurs coutures

En quête d’une assurance sur le choix de son futur milieu professionnel, Zélia Basset sort des pistes de l’aviation qu’elle connaît bien pour rentrer chez Airbus Helicopters, premier fabricant d'hélicoptères civils au monde, ex-Eurocopter. C’est là, au bureau d’études de définition des pales, qu’elle réalise son alternance pendant ses trois années à l’EICnam. « En première année, le challenge était vraiment intellectuel : je devais trouver des lois probabilistes qui représentaient la dispersion massique des matériaux en vue de prédire les futures masses possibles. Et c’était un sujet très attendu ! »

L’année suivante, à 21 ans, elle est invitée à monter son équipe pour répondre à une problématique de l’entreprise. Un groupe composé de technicien·ne·s et d’ingénieur·e·s, où se mêlent les métiers. En tant qu’apprentie, elle est parfois challengée, mais dans cet univers majoritairement masculin, elle évolue sans difficulté en tant que femme.

Ses longues périodes d’apprentissage lui laissent le temps de s’immerger et de mener ses projets jusqu’au bout. En dernière année, elle se voit confier de nouvelles missions et réfléchit à de nouveaux design de pièces en repensant à d’autres matériaux, moins chers, plus performants, qui constitueront les pales des hélicoptères de demain. « Je n’aurais jamais pu y arriver sans ma formation », note-t-elle. « Durant mes périodes de cours, je me rendais aussi compte que j’avais beaucoup appris pendant mes sessions en entreprise. En fait, les deux sont très complémentaires. Si ma formation ne portait pas sur les hélicoptères, elle m’a inculqué une manière de penser et une culture générale très utile en aéronautique et en aérospatial. »

Une formation en convention avec Isae-Supaéro à Toulouse

Elle garde en mémoire son séjour de deux mois sur le campus de l’Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (Isae-Supaéro) à Toulouse, partenaire de sa formation à l’EICnam. « C’est un campus énorme, qui dispose de beaucoup de matériel dédié : des souffleries, des carcasses d’avion... Cette belle expérience nous a tous confortés dans le choix de notre formation », confie Zélia Basset.

Autre moment fort et non des moindres : son échange universitaire au Brésil pendant lequel elle a participé à la construction d’un drone.

Une ingénieure aéronautique et spatiale du Cnam à l’AgroParisTech

En octobre 2017, la voici fière d’être diplômée ingénieure aéronautique et spatial de l’EICnam : « une école qui mélange les profils d’étudiants et n’a pas peur de casser les stéréotypes ».

Zélia médaillée

Son plan de vol pour la suite ? Zélia Basset a choisi de poursuivre ses études en jetant son dévolu sur le master 2 Économie de l’environnement, de l’énergie et des transports à l’école AgroParisTech. « Cette formation d’un an regroupe une quarantaine d’économistes et d’ingénieurs de formation, de tous horizons », explique-t-elle. Le but : leur apporter les compétences nécessaires pour répondre aux défis énergétiques et environnementaux actuels, comme « la lutte contre le réchauffement climatique ». Une problématique qui l’intéresse au plus haut point depuis qu’elle a suivi, en troisième année à l’EICnam, un cours sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et le développement durable. « Ça a été une révélation pour moi ! J’ai trouvé très intéressant de pouvoir appliquer ce qui me tient à cœur au quotidien, c’est-à-dire cette sensibilité à l’environnement, au monde de l’entreprise et aux industries notamment aéronautiques. » Alors, bientôt un secteur aéronautique attentif à l’environnement, grâce à cette tête bien faite ?